En 1956, Max ERNST, CORNEILLE, Bernard BUFFET, Léonor FINI, GOETZ, ISTRATI, Léon ZACK étaient sur les cimaises.
Vint très vite la présence remuante et dérangeante des lettristes avec Isidore ISOU. Dès 1960, François DUFRENE présente de nouvelles recherches et Jacques de la VILLEGLE anime le groupe des ’’Nouveaux Réalistes’’ avec Raymond HAINS, ARMAN, Gérard DESCHAMPS, Niki De SAINT–PHALLE et Daniel SPOERRI.
Le premier tableau bleu monochrome de KLEIN a provoqué des polémiques ainsi que sa ’’zone de sensibilité picturale immatérielle’’. La première sculpture bruyante de TINGUELY a été présentée à ’’Comparaisons’’. Le bruit fait autour de ces évènements ne doit pas occulter ce qui fait la continuité et la force du salon Comparaisons, c'est-à-dire des groupes mis en opposition allant du trompe-l’oeil au lyrisme débridé en passant par le géométrisme le plus radical.

Les années ont passé, les Présidents se sont succédés mais le bateau a toujours gardé le cap. Après BORDEAUX-LE-PECQ, les maîtres à bord furent Rodolphe CAILLAUX, le fougueux, Bernard MOUGIN, le sculpteur rigoureux , Robert SCHMIDT, le médiateur et maintenant Paul ALEXIS, tête bien faite et cœur généreux. Le comité est vivant, bien vivant, avec pour constances: dynamisme, exigence et ouverture.Les difficultés ne manquent pas, mais l’avenir se prépare avec confiance et l’ouverture à l’international voulu par Paul ALEXIS est en marche, le choix de WANG Yan Cheng, Vice-président chargé de l’Asie et de Ivan CONTRERAS-BRUNET, Vice-président chargé de l’Amérique Latine, témoignent de cette volonté. Notre ambition reste intacte et toujours aussi vivace: que chaque groupe, que chaque tendance, soit comme une des pièces d’un grand puzzle dont l’ensemble constituerait le visage de l’art actuel.

Par André SABLE
Vice-président du Salon Comparaisons

Tout est dans l’enfance dit-on, cela est tout à fait exact pour le salon ’’Comparaisons’’. Né d’une modeste ’’fédération d’exposants’’, Comparaisons a été complètement dynamisé par une femme: Andrée BORDEAUX-LE-PECQ. Elle avait le talent, l’ambition, l’énergie, la force, la passion et la détermination. Chaque année étant marquée par des avancées vers plus de qualité, plus de clarté, plus de vitalité. Tout cela était accompagné d’affrontements, de polémiques et de compromis, c’était il y a cinquante ans et j’en avait trente-cinq.En ce temps déjà lointain, le ‘’Salon de Mai’’ était le salon phare mais il défendait surtout la peinture abstraite. ‘’L’automne’’ et ‘’Le Français’’ favorisaient la peinture figurative. ‘’Comparaisons’’ par son ouverture véritable à toute forme d’art bousculait les vieilles formules et devenait le salon dans lequel on avait envie d’exposer. L’idée a d’ailleurs fait son chemin et tous les salons se sont ouverts mais ils n’ont jamais copié la formule originale de ‘’Comparaisons’’, c'est-à-dire la présence dans le comité de responsables qui assument les invitations des artistes qui constituent un groupe particulier par l’esprit et par la forme mais qui assument aussi le placement des œuvres de leurs invités avec une vraie responsabilité; ainsi se créent des liens de confiance, d’amitié et d’admiration.

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